Baja-Partie 2


Dévalant au rythme d’El Burro les entrailles sinueuses des montagnes parfois coiffées de feuilles bien épaisses au  vert intense parfois de ces petits bosquets témoins lumineux de ces espaces plus arides, nous filons donc ainsi vers San Diego.

On constate cette foi-ci, une Californie plus gorgée d’eau; les arbres à fruits bien droits qui semblent s’étirer vers la lumière, tous reconnaissants d’avoir pu se rassasier enfin d’un hiver plus pluvieux.

Ça se sent bon. Ç’est plein de vie.

Traverser un pays en moto, c’est percevoir un lieu avec tout ses sens; c’est ne faire qu’UN avec les endroits que nous sillonnons. La gravité des courbes, les odeurs, les variations de température, les bourrasques de vent, la lumière changeante, nous soumet à une empreinte particulièrement touchante et à une vulnérabilité au monde qui nous empiète démesurément.

Ces odeurs de tartes aux pommes des vergers à flan de montagne, ces champs de lavande que nous percevons bien avant de de se les mettre sous les yeux, ces vents parfois chauds, parfois glacials, ces nuages humides que nous ressentons avec tout notre corps éveillant parfois même des souvenirs d’enfance.

Une odeur de cigare. Une odeur de sucre de cuisson.

Du coup mon regard ne peut s’empêcher de chercher son origine.

Cet homme sur une terrasse ensoleillée nous annonce par son teint bronzé, son air désinvolte, ses cheveux blondis par le soleil, que nous venons de mettre les roues au pays du Surf.

Palmiers, vagues, rouli-roulants se dandinent le long des « bordwalks » qui longent l’océan Pacifique.

Ces maisons aux fenêtres béantes qui recherchent à tout prix cette vue ahurissante d’un bleu presque parfait dont la composition architecturale lui procure un charme captivant.

Les rues grouillent de vie, le soleil est au rendez-vous.

Les loups-de-mer se prélassent au soleil sous le bruit des vagues qui fracassent le roc de la côte. Lançant lâchement devant les passant qui défilent, de grincement de gorge contentieux sans doute pour dessiner leur souveraineté à tout-à-chacun.

Ça sent trop bon. Tout est beau, tout est bon.

Les magasins de grandes marques renommées font pignon sur rue.

On nous enseigne que le bonheur se trouve tant dans le Botox   que dans les petits pots de crème de nuit.

Mes yeux ne cessent de contempler l’opulence des propriétés bordées bien tristement parfois des ces itinérants dont la vie est refoulée dans un si petit panier d’épicerie.

L’ivresse de notre traversée vers le Mexique se fait ressentir de plus en plus.

Nul d’entre-nous deux ne peut tenir en place.

Poser nos yeux de l’autre côté de la frontière paralyse nos pensées.

Demain nous serons enfin où nos yeux veulent se poser depuis longtemps.

Demain nous roulerons sous le ciel du Mexique, à la recherche de ses premières saveurs.



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